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Voyage au Sénégal

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Récit de voyage

25 décembre 2009  au 02 janvier 2010 - Toulouse à Dakar – 5 heures de vol, une heure de décalage horaire ….

Après quelques fortes turbulences pendant le vol, dont certaines bien sévères,  (Daniel adore, pour ma part je déteste) nous nous posons à Dakar avec une heure de retard. Les formalités se déroulent bien, un correspondant nous prend en charge et nous voilà installés dans un bus ….. mais pour combien de temps ? Entre Dakar et Saly rien n’est gagné, pourtant il n’y a que 80 km, 1heure 30 au mieux 5 heures au pire, nous mettrons 2 heures 30. Avant la tombée de la nuit, au fil des kilomètres, la route se dessine, le nez collé à la fenêtre j’observe les changements, Daniel s’imprègne du pays.

A l’hôtel nous sommes attendus : pot d’accueil, remise des clés, nos prenons nos marques, nous dînons puis au lit car il est déjà bien tard.

UN PEU D’HISTOIRE

Le Sénégal c’est 12 millions d’habitants pour une superficie de 196 722 km2 (trois fois et demi plus petit que la France),  un pays calé entre la Mauritanie, le Mali et les Guinées. 700 kms de côtes sablonneuses et 4 fleuves qui lui valent l’appellation de pays de l’eau. C’est aussi 370 espèces d’arbres et le paradis des oiseaux. La population s’exprime en français même si 80% des sénégalais y ajoutent le wolof. Vingt ethnies y sont représentées appartenant à trois religions (musulmane, animiste et en dernier les chrétiens). Si les Sénégalais sont moqueurs ils n’en demeurent pas moins fiers.

 La monnaie nationale est le franc CFA, 1€ vaut environ 655 FCFA. Nous remarquerons que l’essence est plus chère qu’en Europe. Les ressources de ce pays sont modestes : phosphates de chaux et d’albumine (exportés vers la France et le Japon) et richesses de l’océan. L’arachide demeure la locomotive de l’agriculture (premier produit d’exportation) suivie par le riz, la canne à sucre et le maïs. Le coton approvisionne une industrie locale. La pêche est la première activité économique du pays, sa première source de devises aussi. Les côtes comptent parmi les plus poissonneuses du continent. L’élément le plus dynamique du pays reste néanmoins le tourisme avec 60 000 visiteurs par an. Les moyens de locomotion sont variés : calèche, voiture, taxi, taxi-brousse, pirogue, etc..

 

DANS LA CHRONOLOGIE DE NOS RENCONTRES ET BALLADES

L’HOTEL

Nous avons apporté une touche personnelle à notre chambre par un peu de décoration en installant une moustiquaire (sortie de nos bagages) ! Bien nous en a pris, quand nous découvrions au fil du séjour les bras et les jambes des pensionnaires de l’hôtel « tatoués » de piqûres de moustiques. Petit montage réussi grâce à un bout de ficelle et un anneau (Daniel a toujours dans ses bagages une trousse de « géo trouve tout ») pour suspendre le voile blanc.

Hôtel très sympathique, des allées très bien entretenues par des jardiniers en nombre, très attentionnés où de magnifiques bougainvillées ou encore des flamboyants, fromagers, cocotiers et filaos en faisaient le charme.

Il nous est arrivé de nous trouver nez à nez avec des varans (grand lézard carnivore pouvant atteindre jusqu’à 2 mètres de long) qui se promenaient en toute liberté dans les allées.

A proximité, des transats nous attendaient pour le farniente sur la plage bien entretenue. …. sur le chemin menant au bord de mer, des coiffeuses de rue qui veulent tresser les cheveux des européennes : beaucoup se font piéger et les crânes tressés se font de plus en plus nombreux, certaines arrivent à tenir et rentrent en France avec, d’autres se s’y font pas (Annie ça te rappellera souvenirs …). Difficile d’y échapper tellement elles sont insistantes, j’ai résisté !

Les repas : buffet matin, midi et soir, attention aux kilos, certains s’empiffrent d’autres résistent. Qui a pu boutonner sur jean le jour du départ ? NOUS !

Un musicien avec son balafon viendra régulièrement le soir nous chatouiller les oreilles en attendant que l’on glisse quelques pièces ou billet dans son instrument.

La cuisine sénégalaise est parmi des plus savoureuses d’Afrique. Quelques spécialités les plus appréciées : le thiébou dieune (riz au poisson), le yasse de poulet ou de poisson (riz blanc + poulet ou poisson au citron), le mouton grillé, les beignets de poisson. Le Sénégal fabrique d’excellentes bières, la plus connue est « la gazelle » sans oublier la boisson nationale le « bissap » qui n’est autre qu’une décoction de fleurs. Amateurs de poisson vous vous régalerez de carpe, capitaine, bar, daurade, barracuda, espadon, nous en avons profité à tous les repas. Le goût des fruits ne nous a pas laissé indifférent : ananas, papaye, banane, … rien à comparer à ceux que nous avons en France mûris en chambre froide.

BALLADES SUR LA PLAGE

Une heure ou deux le matin, en fonction de l’envie nous marchions sur la plage. 37° (à l’ombre !) c’est la température que nous avions en journée. Impossible de ne pas faire de rencontres : pêcheurs, vendeurs ; nous avons assisté à quelques remontées de filets ou de paniers (langoustes). Des enfants et des adultes, en file indienne, le cul dans le sable ou debout, tirent le filet pour remonter du poisson. Carpes, calamars, soles, … arrivent fraîchement sur la plage. Ils sont triés et rangés dans des caisses pour la vente. Les femmes venues à l’improviste ont le droit de prendre les plus petits pour leur consommation personnelle, les pêcheurs leur donnent.

Il y avait aussi quelques adeptes du footing au bord de l’eau, les Européens préférant la chaise longue ! bien que le sport national reste la lutte.

Puis des sénégalais qui arrivent d’on ne sait où, qui avaient envie tout simplement de se taper la causette et  nous arrêtaient pour savoir … ça prend ou ça prend pas ! parfois nous avons bien rigolé.

Après une bonne bouffée de chaleur, un plouf s’imposait, l’eau était un peu fraîche au départ mais très appréciée au bout de quelques minutes, c’est dur les vacances !

LA STATION DE SALY

Lieu de vacances le plus connu de toute l’Afrique de l’Ouest, station balnéaire qui propose une large gamme d’activités touristiques et sportives. Beaucoup de commerces y ont pris racine. On s’y promène en toute sécurité. Les plus grandes enseignes des tours opérateurs ont construit leurs clubs. Difficile de ne pas trouver chaussure à son pied.

MBOUR ET LES DJEMBES

Mbour est un village de pêcheurs situé à 6 kms de Saly, c’est en pick-up que nous nous y rendons pour notre première visite à l’extérieur : une fabrique de Djembés (tam-tam) dans un centre artisanal, un des instruments de musique de la panoplie musicale du Sénégal. Les Sénégalais ont la musique dans la peau, depuis toujours elle rythme leur vie quotidienne. Un toit en tôle, des murs en dur abritent la fabrique qui donne directement dans la rue. Un ouvrier s’active en donnant des coups dans le bois pour donner forme à son instrument. Ballade dans le marché : sculptures en bois (statues, masques, plats, chaises) sont proposées à la vente, il y a aussi des peintures, des poteries, des bijoux, des pagnes des ceintures et des sacs en cuir (de serpent, de crocodile ou de lézard).

MBOUR ET LES PECHEURS

Mais Mbour est célèbre pour la pêche et les arrivées de pirogues bariolées. Le retour des pêcheurs y offre un des plus extraordinaires spectacles que le Sénégal puisse produire : les pirogues surchargées de poissons manquent de verser une partie de leur chargement, des femmes qui s’activent avec leurs bassines pour prendre le poisson réservé aux marchés européens ou des poissons plus modestes qui sont grillés et fumés pour la consommation locale ou les pays voisins. Le poisson est séché et fumé traditionnellement sur un montage précaire : 4 poteaux en bois, un filet assez résistant, le feu est mis en dessous et les femmes tournent et retournent le poisson jusqu’à que … l’odeur est insupportable. C’est le principal port de pêche du pays. Une odeur forte de poissons (frais, séché et fumé) flotte en permanence, âme sensible s’abstenir !  mais c’est le paradis du pêcheur amateur. Pêcheurs à la ligne au bord de l’eau ou en bateau, de la palangrotte au surf-casting en passant par la traîne ou à l’épervier, toutes les techniques même les plus simples permettent de nombreuses captures, la côte est poissonneuse en quelques heures 10 à 20 kgs de poissons sont remontés.

 

A NOUS LES BAOBABS

Une virée de 3 heures en quad nous permis de nous imprégner de la vie en brousse et de voir le plus géant des arbres : le baobab. Certains sont centenaires. Petit tuyau pour s’en apercevoir : le tronc est ouvert, un être humain peut y entrer. Son tronc peut atteindre 20 m de circonférence.

Malgré la déforestation, ce géant est encore en nombre dans le pays. Il joue aussi un rôle important dans la vie de tous les jours, avec l’écorce, les Sénégalais fabriquent des cordes, le jus est également prisé pour enrailler le « rhume des fesses », c’est surtout un arbre sacré. Le second géant est le fromager qui se divise parfois en énormes contreforts dépassant la taille d’un homme, c’est avec son tronc que sont fabriquées les pirogues. Si les plus belles forêts se trouvent dans la région de la Casamance peu recommandée aux touristes que nous sommes, nous avons vu les espèces les plus connues : jujubier (dont raffolent les guérisseurs), bananier, bougainvillée, darkassou (noix de cajou), bambous, tecks, hibiscus, flamboyants, cocotiers, palétuviers, puis les manguiers, orangers, citronniers qui embaument les villages. Ni la déforestation, ni la sécheresse ne sont venues à bout des arbres.

Avec le quad nous pouvions nous arrêter à tout moment, c’est plus facile. Quelques vendeuses très bien organisées sont placées à des endroits stratégiques pour vendre l’art du pays aux touristes.

Au cours de cette balade nous sommes passés dans des villages. 

Nous avons vu des forêts de baobab et terminé sur la plage près de la rivière Somone. Son embouchure est classée en réserve ornithologique, un agent nous a stoppé pour payer le passage.

   

AU MARCHE

Partis à 7h30 un matin en pick-up nous avons décidé de passer la journée à l’extérieur. Première halte au marché. Ce marché était organisé bien que des banas-banas (vendeurs à la sauvette souvent escrocs) soient très présents, si on ne donne pas prise, ils changent vite de proie. Organisé suivant les exposants : bétail (zébus, moutons, chèvres, …) , volaille, plein d’animaux vivants attendent d’être achetés c’est souvent du troc.

  

Une autre zone est consacrée aux légumes, fruits, poissons et viandes (qui veut un filet de bœuf les mouches sont gratuites …) dans un mélange d’odeurs fortes et enfin la zone « trouve tout » tu veux un roulement pas de problème, un savon aucun soucis, des herbes mystérieuses il y en a à profusion, de la poudre magique aucun mal ne lui résiste faut-il encore savoir-faire le mélange ….

  

Il draine une foule dense et bavarde qu’on voit et qu’on entend de loin. Attention aux pickpockets qui opèrent là en terrain privilégié. Comment ne pas nous repérer !    

CHEZ LES PEULS

Seconde halte un village Peul. Les peuls sont des éleveurs de bétail. Peuple nomade ils peuvent abandonner un village du jour au lendemain et parcourir des kilomètres pour s’installer ailleurs. Ils nous ont gentiment reçus dans leur village où nous avons essayé de comprendre leur organisation. Des cases sommaires abritent quelques 40 âmes : un homme et ses cinq femmes mais 30 bambins.

Chaque femme possède sa case et c’est l’homme qui se déplace chez chacune d’entre elle quand il le désire. L’heureuse élue à la charge de la cuisine pour toute la tribu. La cuisine est commune, c’est aussi une case à part entière. Un lit, ou deux parfois, pour permettre à la femme et ses enfants de dormir.

 

On peut facilement les imaginer tous alignés dans le même lit pour passer la nuit. Le sol est en terre et les murs sont en torchis parfois en dur. Le bétail est à côté du village, gardé par un homme et des petits garçons. Ils ont le sourire et sont accueillants.

A L’ECOLE

L’école en brousse, comment l’imaginer ? De construction sommaire, celle dans laquelle nous sommes entrés était propre et composée de bancs et tables en bois ainsi que d’un tableau.

 

CHEZ LES SERERES

Les serères contrairement aux peuls sont des agriculteurs. Des huttes rondes en paille abritent leurs greniers à mil sur pilotis.

Travailleuses et souriantes les femmes ont un jardin secret : leur amour pour la musique et le chant. C’est donc dans un village animé et joyeux que nous avons été accueillis. Très rapidement des vêtements nous ont été prêtés pour revêtir une tenue plus locale et participer à des danses.

Nous avons répondu du mieux que nous avons pu à leur accueil en nous improvisant danseuses ou danseurs le temps de quelques notes de musique. Le contact est passé très rapidement et des crises de rire réciproques nous ont permis de garder un bon souvenir de cet arrêt. J’ai aussi été invitée à piller du mil à un rythme soutenu, il ne faut surtout pas casser le rythme, ce qui nous a valu quelques rigolades.

Ce qui les diversifient des peuls c’est la culture, l’organisation reste identique.

 

UN P’TIT TOUR DE PIROGUE

Au rythme des marées, la mer pénètre la terre, eau douce et eau salée se mêlent pour former un immense marécage encombré de bancs de sable, de palétuviers et de centaines d’îlots : le delta du Sine-Saloum. Plus de 200 espèces d’oiseaux nichent en paix sur le delta. Malheureusement l’heure étant mal choisie, nous en verrons très peu lors de notre ballade en pirogue. Hérons, pélicans, sternes, aigles pêcheurs et aigrettes se partagent ce bout de lagune bordée de palétuviers sur lesquels viennent se fixer des huîtres ou des moules et sous lesquels se cachent les poissons.

 

Les pirogues sont équipées de moteur de 15 CV que les piroguiers s’amusent parfois à pousser au maximum pour se livrer à des courses … nous en avons fait les frais mais n’avons pas chaviré !

JOAL et FADIOUTH

A partir de Joal, l’île de Fadiouth est accessible à pied par un pont de 600 mètres qui franchit le bras de mer Mama Ngeudj.

Cette petite île de 800 m de long, étonnante à plus d’un égard, où vivent quelques 10000 habitants (des Sérères) est un amas de coquillage entassé par les hommes depuis très longtemps d’où son appellation d’île aux coquillages.

Ses porcs noirs sont en liberté dans les ruelles ainsi que des drôles de crabes à une seule pince. Maisons, tombes, chemins, croix sont en coquillages.

Aujourd’hui, c’est avec politesse et discrétion que les jeunes se proposent comme guides, les autorités y ont mis bon ordre. Le nom des boutiques est bien français « supermarché Leclerc » ou « super U » faites votre choix !

LE 31 DECEMBRE 2009

Depuis ce matin, l’hôtel est en effervescence, tout le personnel s’active pour préparer la soirée. Les jardiniers coupent les tiges des cocotiers pour décorer les allées, dépouillent les bougainvillées de leurs fleurs pour les disposer sur les tables. Le personnel hôtelier arrange les tables autour de la piscine, quelques-unes sont aussi réservées pour accueillir le buffet (géant) du soir. A 20 heures nous sommes conviés à un cocktail, l’endroit est également très bien décoré, les verres remplis de substances de toutes les couleurs nous attirent avec ou sans alcool, des amuse-gueule variés nous sont proposés par des serveuses. A 21 heures nous nous rapprochons de notre table au bord de la piscine et là un magnifique buffet d’entrées très variées (moules, crevettes, pinces de crabe, saumon, huîtres, foie gras, charcuterie, et j’en passe…) nous attend, la décoration est recherchée, c’est un peu dommage de la défaire. Dans une autre zone des plats chauds (langouste, viande, légumes variés, riz), du fromage et des déserts (fruits, gâteaux, entremets) : rien n’a été oublié. Des musiciens sont venus mettre un peu d’ambiance, quelques touristes s’aventurent sur la piste pour quelques pas de danse. Chacun a son sachet de cotillon, les enfants s’en donnent à cœur joie et quelques boules en papier atterrissent dans nos assiettes, feu d’artifice : c’est le 31 décembre.

LE RETOUR

L’hôtel a retrouvé son calme, pas une trace de la fête, tout a été soigneusement rangé pourtant certains ne sont couchés tard. 1er janvier 2010 : les sacs sont bouclés, départ de l’hôtel à 11h30 pour 1 heure 30 de bus jusqu’à Dakar. Nous profitons des dernières scènes sur la route. Nous retrouvons les mêmes passagers qu’à l’aller dans l’avion, le teint est juste halé. Nous arriverons à Toulouse avec une heure de retard mais aussi avec trois petits degrés de quoi nous rafraîchir les idées à minuit. Bienvenus en France une heure d’attente pour l’arrivée des bagages ! à deux heures du matin nous étions rendus.

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Publié à 18:28, le 24/01/2010,
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